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View Full Version : Marcel Pagnol "non expurgé" ...


alex revision
April 5th, 2010, 10:52 AM
Tout le monde ou presque connait la pièce « Marius » de l’illustre Marcel Pagnol. Mais connaissez-vous cette scène, tirée de « Marius », dans l’édition non expurgée chez Fasquelle Éditeurs, 1946 ?

Cette édition contient une scène absente des éditions que j'ai lues jusqu’a présent, la scène II de l’acte Premier qui commence par : "Un Arabe paraît sur le seuil. Il est drapé dans les tapis qu'il offre en souriant."

Commence alors la première réplique qui est adressée par l'Arabe à Fanny -- "Zouli tapi, mamoiselle ?"

Fanny : Macache.

L’arabe (à un client qui lit le journal sur la terrasse) : Zouli tapis msiou ? ( le client ne lève même pas la tête ) L’arabe entre dans le bar. Zouli tapis, msiou Marius ! Regarde bien çui-là, msiou Marius : c’est la pure soie du poil de mouton. (il étale un tapis par terre).

Marius : Non, merci !

L’arabe, (ils se tourne vers Escartefigue.) Choffe malhem ! Cent Francs pour toi, général des bateaux !

Escartefigue : Non, merci ?

L’arabe : Tiens, cinquante Francs, Allez va, je ti connais bien, ti donne vingt cinq Francs… Regarde ! (Il lui met son tapis sous le nez)

Escartefigue : Non, va-t-en il pue ton tapis !

L’arabe, (outragé) : Bardon, m’siou ! C’est moi qui pue, ci pas mon tapis ! (il étale un tapis au milieu du bar). Regarde bien, m’siou Marius : si tu marche dessus à pieds nus, il te fait des petites chatouilles que tu vas mourir de plaisir !

Marius : On t’as dit non, sale arabe !

La figure de l’arabe change brusquement.

L’arabe : Allech ti goule « sale arabe » ?

Il ajoute en arabe, quelques mots orduriers.

Fanny, à l’arabe : Allech ti goule adaladour, sidi, (Pourquoi dis-tu des injures sidi ?).

L’arabe : Lakader el srani goullo « sale arabe » ! Rani ould tajer ! El bouk diali andlou klemçà elf aoudis fi el Marrakech ! (Parce que ce Chrétien m’appelle « sale arabe ». Je suis fils de bourgeois et mon père a cinq mille moutons à Marrakech !)

Ti cause arabe, mademoiselle ?

Fanny : Oui, j’ai habité à Oran.

L’arabe, ravi : Oran, Zia oulli, m’ziane !

Il va commencer un discours à Fanny. Du comptoir, Marius l’inonde d’un jet de siphon. L’arabe se retourne brusquement et prononce une série d’abominables injures ? Escartefigue rit.

L’arabe, à Escartefigue : Qu’est-ce que tu rigole, toi, allouf ?

Il crache dans sa direction et s’enfuit en courant. Marius court à la terrasse et le poursuit d’une bordée d’injures arabes.

Fanny : Dis donc Marius, je ne sais pas si tu te rends compte de ce que tu dis devant moi !

Marius : Je sais que c’est des injures.

Fanny : Et d’ailleurs, tu les prononces très mal.

Marius : Ma fille, moi, je suis Marseillais : je ne suis pas né aux colonies, comme toi !

Fanny : Je ne suis pas née aux colonies ; je suis née ici, au quai du Canal, et ne serais jamais allée en Algérie, si mon père n’avait pas été dans les chemins de fer !

Escartefigue : Allez donc ! Tu es revenue d’Oran quand tu avais treize ans !

Fanny : Et après ?

Marius : Et après ? Tu as tout de la moukère !

http://anticommuniste.blogspot.com/2009/03/marcel-pagnol-de-lacademie-francaise-un.html