Log in

View Full Version : Vincent Reynouard : des "survivants" sont sans cesse découverts


alex revision
June 12th, 2010, 06:22 AM
« Où sont les juifs qui avaient disparu en 1945 ? »

On ne le sait pas toujours,
mais rien ne prouve qu’ils sont morts ou qu’ils ont été assassinés…


Soixante ans après, des juifs qui se croyaient mutuellement morts en déportation se retrouvent…


Vincent REYNOUARD


Tous les juifs qui ne sont pas revenus chez eux en 1945 n’étaient pas morts pour autant

L’avis de décès que nous reproduisons est paru dans le journal belge Le Soir. Des informations données, on déduit que, très probablement, cette juive a été déportée en 1943 à Auschwitz et y est restée plus de deux ans, c’est-à-dire jusqu’à la libération du camp fin janvier 1945. Elle n’a été ni gazée, ni exterminée lentement par la faim, le froid et les coups. Soulignons également qu’originaire de Pologne, elle est morte en Belgique laissant de la famille dans ce pays ainsi qu’en Israël, en Grande-Bretagne et aux USA, mais pas en… Pologne. Nouvelle preuve, que des juifs polonais déportés et pas revenus au pays en 1945 ne sont pas pour autant des juifs morts. Un certain nombre ne sont pas revenus parce qu’ils avaient émigré ailleurs…

Encore et toujours des « survivants »

Plus on lit la presse locale ou spécialisée, et plus on « rencontre » de juifs qui, comme Dewora Korenberg, ont survécu à leur déportation à Auschwitz. Une déportation dont ils n’auraient pourtant pas dû revenir.

Paul Chytelman

Le 14 et le 25 février 2003, ainsi, l’Est Éclair a consacré deux articles à Paul Chytelman, un « homme de 80 ans dynamique et alerte » qui témoigne aujourd’hui dans les établissements scolaires. Ce juif né en Pologne en 1922 et venu plus tard en France a pourtant été déporté le 3 février 1944 à Auschwitz. Notons que, comme beaucoup d’autres, il a été arrêté non parce qu’il était juif, mais, comme il le dit lui-même, « pour actes de résistance ». Lors de sa déportation, il a connu non seulement Auschwitz, mais aussi Dora et, finalement, Bergen-Belsen, d’où il est revenu. Son témoignage est paru sous le titre Le Courage d’Espérer. Lui non plus n’a pas été exterminé alors que, d’après la thèse officielle, les Allemands auraient disposé de neuf mois et de quatre chambres à gaz pour le faire.

Ruth Klüger

Deux mois plus tard, le mensuel Page (magazine des librairies) a annoncé la sortie du livre de Ruth Klüger : Refus de témoigner. R. Klüger est également une « miraculée ». A l’âge de douze ans, cette juive de Vienne a été déportée à Theresienstadt puis « au camp d’extermination d’Auschwitz ». Elle n’y a pourtant pas été exterminée puisqu’elle est revenue de déportation avant d’émigrer aux USA deux ans plus tard[1].

Madeleine et Israël Golstein

Mentionnons également Madeleine et Israël Goldsztejn. Un couple de juifs arrêté tout comme P. Chytelman pour faits de Résistance. Tous les deux ont été déportés par le même convoi à Auschwitz, fin avril 1944. Tous les deux y ont été mis au travail (elle dans une carrière, lui à Buna-Monowitz). Tous les deux ont connu l’évacuation du camp fin janvier 1945 vers Gleiwitz. Elle s’est retrouvée à Malkoff, Schoenfeld avant d’échouer à Ravensbrück. Lui s’est retrouvé à Buchenwald et à Flossenburg. Tous les deux ont survécu, sont revenus et se sont retrouvés fin juin 1945 à Paris. Le destin des Goldsztejn, est intéressant à plus d’un titre :

- durant l’occupation, ils sont allés vivre à Lyon. Israël Goldsztejn déclare : « Je vivais à Lyon en toute légalité avec ma femme et mon enfant ». Nouvelle preuve que, sous Vichy, les juifs français n’étaient pas des bêtes traquées. Tant qu’ils se tenaient tranquilles, ils pouvaient vivre quasi normalement.

- sur invitation, I. Goldsztejn a été se présenter, avec d’autres juifs, à la préfecture. Il a été arrêté et présenté devant une commission franco-allemande. L’a-t-on envoyé dans un camps « d’extermination » avec sa femme et son enfant ? Nullement. Il a été envoyé « travailler à la construction du Mur de l’Atlantique ». Nouvelle preuve que pendant la guerre, les Allemands avaient un besoin urgent de main-d’œuvre et préféraient voir les juifs vivants que morts.

- A son arrivée à Birkenau, I. Goldsztejn a été séparé de sa femme. Par chance, il l’a retrouvée en 1945. Mais à supposer que celle-ci soit morte en déportation, lors des évacuations par exemple, gageons qu’aujourd’hui, il prétendrait qu’elle est morte dès son arrivée à Birkenau, gazées avec les autres.

« Que sont devenus les juifs manquants en 1945 ? »

Cette dernière remarque appelle d’ailleurs un développement. Quant on remet en cause le chiffre des « six millions », il n’est pas rare de s’entendre dire : « Si les juifs ne sont pas morts, que sont-ils devenus ? Certes, M. X ou Mme Y ont survécu, mais où sont passés les membres de leur famille et les amis qu’ils pleurent encore aujourd’hui ? » A chaque fois, je réponds : « Je l’ignore, mais rien ne prouve qu’ils ont été exterminés, ni même qu’ils sont morts. Dans le tourbillon de la guerre, de la déportation, des évacuation, bien des survivants ont pu se perdre de vue et ne jamais se retrouver ». Certains lecteurs du livre de Serge Thion, Vérité politique ou Vérité historique? , se souviennent peut-être de la réunion de Los Angeles de 1978 où un grand nombre de survivants avaient eu la surprise de se retrouver, alors qu’ils se croyaient mutuellement mort.

En 2003, un ancien déporté retrouve sa sœur qu’il croyait morte, avec sa mère, en déportation

Bien que peu courant, ce genre d’événement heureux n’est pas exceptionnel. C'est le sujet d'un article publié le 1er décembre 2003 par Nice-Matin. Il évoque le cas d’un ancien Polonais déporté qui, soixante ans après, a retrouvé sa sœur et appris que sa mère était morte en 1986, alors qu’il les croyait mortes en déportation.

Une quarantaine de retrouvailles grâce aux banques de données

De son côté, l’AFP diffusa le communiqué suivant :

SEATTLE (AP) - Près de 60 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, d'émouvantes retrouvailles réunissent des survivants de la déportation nazie qui désespéraient de se retrouver un jour, grâce à l'aide déterminante de banques de données informatisées et à l'ouverture des archives soviétiques.

Ces quatre derniers mois, les efforts du centre de la Croix-Rouge de Baltimore (Maryland) chargé de la recherche des disparus de la Seconde Guerre mondiale ont permis une quarantaine de ces retrouvailles.

George Gordon, 77 ans, a vécu l'une de ces improbables réunions. Ce catholique né en Pologne sous l'identité de Jerzy Budzynski, survivant du camp de Buchenwald puis chasseur de nazis pour le procès de Nuremberg, avait été informé voilà de nombreuses années de la mort de ses parents, de sa sœur et de son frère encore bébé en 1944 à Varsovie. Cet été, le centre de Baltimore lui a appris que sa mère avait en fait vécu jusqu'en 1986 et que sa sœur était encore vivante et se trouvait en Pologne.

La Croix-Rouge polonaise a ensuite retrouvé le certificat de décès de sa mère et localisé sa sœur, Krystyna Budzynska, qu'il a revue en septembre au domicile de cette dernière à Wroclaw.

« Je ne pouvais y croire », a raconté George Gordon, qui réside désormais à Seattle (Etat de Washington). « Retrouver une personne qui vous manquait depuis 60 ans, c'est tout simplement incroyable. »

Le centre de recherche de Baltimore a été créé en 1990 pour passer au crible 47 millions de documents consultables après la chute du mur de Berlin. Il a ainsi aidé à éplucher les archives de l'ex-Union soviétique, d'anciens régimes d'Europe de l'Est et de l'administration nazie.

Un millier de personnes ont ainsi pu être retrouvées mais les retrouvailles comme celle de George Gordon et de sa sœur ne sont pas si courantes. Le plus souvent, explique Elise Babbitt, porte-parole du centre, les recherches débouchent sur « des dates de décès, des noms de camps, des matricules de trains pour déportés... »

Quand bien même ces efforts n'aboutissent qu'à la découverte de papiers jaunis, « ces gens sont heureux d'apprendre quelque chose », note Tammy Kaiser, volontaire de la Croix-Rouge à Seattle qui a travaillé sur le cas Gordon. « Cela leur donne le sentiment qu'ils sont vivants et qu'on pense à eux. »

Le temps commence toutefois à manquer pour ceux qui étaient adultes dans les années 1940. Au total l'an dernier, 34 000 personnes ont contacté le Musée américain de l'Holocauste à Washington qui échange ses informations avec le centre de la Croix-Rouge.

Internet est aussi d'une grande aide. Plusieurs personnes ont pu être retrouvées grâce au moteur de recherche anybirthday.com, indique Elise Babbitt […].

Un frère et une sœur se retrouvent

Une semaine plus tard, le 23 décembre, la Jewish Telegraphic Agency a annoncé d’autres retrouvailles, celles d’un frère et d’une sœur qui vivaient en Israël mais qui se croyaient mutuellement morts dans l’ « Holocauste ». Sous le titre : « Holocauste: d’émouvantes retrouvailles », on lit :

Deux enfants que l’Holocauste avait séparés et qui vivaient en Israël se sont retrouvés après plus de 65 ans. Beniamin Shilom et sa sœur Rozia November se sont rencontrés samedi grâce à la liaison établie entre eux par le Mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem. Chacun était persuadé que l’autre avait péri dans l’Holocauste. B. Shilom avait survécu à la guerre et servi dans l’armée soviétique, tandis que R. November avait survécu à Auschwitz. « Je n’arrive pas à croire que j’ai un frère », a-t-elle déclaré lundi au New York Times après sa rencontre avec Shilom. « C’est impossible. »

Combien d’autres ?

Sachant que soixante an après les faits, des retrouvailles sont encore possibles, il n’est pas inepte de penser que de 1945 à aujourd’hui, un grand nombre de gens personnes sont mortes persuadées qu’elles étaient les seules survivantes d’une famille alors que d’autres membres vivaient ailleurs.

Par conséquent, la prudence s’impose lorsqu’un juif ou qu’une juive déclare, sans autre preuve, que tout sa famille a été exterminée

Quant à la thèse de l’ « Holocaute » et au chiffre des « six millions », plus le temps passe et plus ils paraissent absurdes…


[1] Voy. Page, n° 82, avril 2003, p. 28.