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View Full Version : Militer


alex revision
July 19th, 2010, 05:23 AM
Texte publié en septembre 1994 dans le n°7 de Réfléchir&Agir :


MILITER



Notre progression et la victoire dépendent de notre détermination dans la lutte, de notre formation idéologique et physique, mais surtout de la capacité de chacun à s’investir et répandre le message. « Le dilettante n’est pas un militant. » Devenir un militant relève d’un acte de foi, non circonstanciel. On est militant ou on ne l’est pas. On prend ses responsabilités et l’on assume ses actes jusqu’au bout ou alors on demeure un observateur.



Le militantisme nationaliste ne tolère pas la demi-mesure et ne doit plus supporter le poids des poseurs, tout juste capables au cours des meetings et manifestations d’exercices répétés, tantôt d’auto-satisfaction, tantôt d’auto-flagellation… Entre les « Nous les justes sommes les plus beaux et les plus forts du monde » et les « Nous n’arriverons jamais à rien », entre l’aveuglement et la résignation, il y a le militantisme, le militantisme au quotidien avec ses peines et ses joies.



Militer c’est d’abord, en dehors de toute structure, développer autour de soi un réseau de sympathies. Faire connaître nos idées en prêtant un livre, en faisant écouter un disque de rock nationaliste, en conviant à une réunion… Le militantisme ne se limite pas aux collages et tractages ô combien nécessaires d’ailleurs.



Montrer pour convaincre : faire remarquer les rapports de force dans les transports en commun (quand la majorité devient la minorité), parler sur le lieu de travail de l’actualité, des médias, agir et diffuser dans les activités associatives et sportives, etc. Car toutes le sactivités sociales sont un terrain d’action et de propagande pour le militant.



Le militantisme ne se résume pas à sortir drapeaux et insignes pour les défilés, à repasser son plus beau traillis pour aller coller. Militer c’est, tous les jours, montrer que l’on peut s’habiller comme tout le monde sans posséder les idées de cette masse avachie.



A fortiori lorsque la répression anti-nationaliste se durcit, est-il bien raisonnable de s’afficher avec ces signes extérieurs encore trop prisés de notre jeunesse en quête d’affirmation personnelle ? Plus que jamais, la discrétion est synonyme d’efficacité. Elle permet l’infiltration et le renseignement. Elle garantit l’anonymat des actions dans une zone donnée et handicape largement police, justice et groupes ennemis. Le militantisme n’est pas une mode. Il est une mission guidée par un idéal. Aussi, seul l’accomplissement de sa mission permet de s’en dégager avec honneur. Alors conjuguons nos forces pour triompher !



Notre combat est légitime et légal.


Nous combattons politiquement et culturellement pour notre communauté et notre identité.

Mais ce combat n’est pas une vaste plaisanterie ou un jeu. Il en va de notre survie. Notre mouvement prendra sa vitalité dès lors que chaque combattant se pénètrera d’un esprit, dès lors que chacun prendra conscience de sa mission c’est-à-dire qu’il sera prêt à adopter un certain comportement en accord total avec les idées qu’il prétend défendre, que chacun assume son propre destin et ne se laisse plus séduire par quelques meneurs douteux quant à leur éthique, leur mentalité et leurs objectifs, voire pire leurs mœurs.


Auto-discipline

Apprenez à être modéré, mesuré en apparence. Recherchez la voie médiane, évitez l’excès. Soyez des exemples. Partout où vous passez, que l’on se souvienne de vous en positif. Bannissez définitivement tous les comportements qui nuisent à notre image et ralentissent notre progression. Laissez les folkloriques de tous bords, avec leurs jeux puérils, s’amuser entre eux dans leur ghetto.


Silence

N’informez personne qui n’ait besoin de savoir. Ne faîtes confiance à personne. Que personne ne sache s’il n’en a besoin. Que personne ne sache plus tôt qu’il n’est besoin. Essayez d’écarter les bavards, les langues déliées, au moins écartez-vous d’eux.


Discrétion

Un combattant efficace est un combattant camouflé. Soyez un caméléon, passe-partout, à la mode dans les endroits risqués, adoptez les accoutrements de l’ennemi pour l’infiltrer, gagner sa confiance et ne pas éveiller les soupçons. Dans les conversations, prenez le parti d’un des contradicteurs puis faîtes glisser la conversation lentement sur vos sujets de prédilection : immigration, lobbies… Soyez malins, sympathiques, n’arrivez pas avec vos gros sabots et vos lourdes plaisanteries.


Travail

Que faîtes-vous pour défendre la cause, promouvoir nos idées ? Etes-vous absolument sain, physiquement, mentalement, moralement ? Faîtes des efforts pour progresser dans tous les domaines plutôt que de choisir la facilité, l’oisiveté et la passivité.


Responsabilité

Soyez des chefs, des acteurs plus que des suiveurs. Prenez les affaires en main, opérez des choix, prenez des initiatives, des décisions et assumez-les, mais, en pesant la portée de vos actes. Soyez responsables vis-à-vis du groupe. Ne menacez pas son existence et sa capacité d’action par des comportements personnels instinctifs et irréfléchis.


Lucidité

Evitez les impasses, prévoyez, ne prenez pas de risques inutiles, soyez extrêmement prudents, n’écoutez pas le chant des sirènes, ne vous laissez pas emporter… Posez un regard froid et détaché sur toutes choses. Soyez lucides c’est-à-dire méfiants, soyez toujours sur vos gardes, prêts à la légitime défense radicale. Ne tombez pas dans la paranoïa mais soyez conscients que l’œil du système, Big brother, vous suit.


Sincérité

Soyez honnêtes, loyaux avec vos proches et vos camarades de combat, mais sans foi ni loi avec les autres. Ne décevez pas vos camarades, si vous n’êtes pas sûrs de pouvoir accomplir une mission, n’en prenez pas la charge. Les imprécisions et les improvisations mènent souvent à des échecs voire des catastrophes.


Sérieux

Ecartez les poseurs, les provocateurs, les phraseurs, les clowns, les poltrons, les mythomanes, les magouilleurs et les voyous. Beaucoup de monde… car tôt ou tard, ils vous nuiront. Ils travaillent pour le système, avec ou sans rétribution… Nos missions doivent être confiées à des personnes déterminées, saines extérieurement et intérieurement.


Efficacité

Allez à l’essentiel, au plus profond des choses, bannissez le superficiel, le superflu. Pesez le pour et le contre de vos actions. Ne vous engagez pas à l’aveuglette. Cherchez l’impact maximum le plus large possible. Un livre lu, un sport pratiqué : c’est un combattant entraîné, confiant, cultivé, formé, déterminé qui devient capable d’argumenter, de répondre aux questions, de réagir aux critiques, aux dénigrements, capable de diffuser nos idées.


Sacrifice

Servez sans chercher un quelconque intérêt. Prenez conscience que vous oeuvrez pour une communauté de pensée et d’action. Votre travail personnel bénéficie toujours au groupe et le renforce dans sa capacité d’action. Au-delà du groupe, vous agissez pour votre descendance. Vous n’êtes qu’un maillon dans une grande chaîne, mais plus forts seront les maillons, plus longtemps tiendra la chaîne. Si vous démissionnez, personne ne prendra le relais, vous êtes un lâche.


Santé, hygiène de vie

Faîtes travailler votre corps et respectez-le autant que votre cerveau. Pratiquez une activité régulière qui permette l’épanouissement corporel, le développement musculaire, le durcissement moral et la maîtrise mentale. Apprenez à votre corps à triompher de l’effort physique et à votre âme à ne pas redouter la douleur. Respectez certains principes d’alimentation. Evitez de fumer et de boire. Mangez sain et équilibré. Bannissez les excès trop fréquents.



VOUS POUVEZ LE FAIRE !


Tout dépend de combien vous êtes, de votre âge, de votre ville. Mais quelle que soit les conditions, non seulement vous devez agir mais de plus vous pouvez agir.

1ère hypothèse : vous êtes seul ou deux/trois dans une commune de moins de 50 000 habitants. La priorité est d'assurer une présence nationaliste, de "marquer" le territoire. Comment faire ? La meilleure manière reste l'autocollant. 500 autocollants collés sur une même zone, ça ne passe pas inaperçu. Où agir ? En priorité, là où sont les gens : centre-ville, centres commerciaux, abords de lycées, campus. Inutile de vous embêter à faire tous les quartiers. Il faut concentrer vos efforts et non les disperser. Attention !!! Le feu de paille est inutile. Coller 200 autocollants en une semaine puis ne plus rien faire pendant six moix, ce n'est pas de l'action politique. C'est de la crise d'adolescent. Vos autocollants doivent être régulièrement "entretenus". Le gauchiste se lassera avant vous. Dans les coins, où vous êtes particulièrement arrachés, amusez-vous à coller vos autocollants très bas (par exemple, au bas d'un poteau) et non plus à hauteur de visage. Pour vous, ca ne change pas grand chose. Le passant verra presque aussi bien, voire mieux, car son attention sera attirée davantage (selon la couleur de l'autocollant). En revanche, le gauchiste devra se mettre accroupi pour vous arracher. L'expérience a prouvé qu'après deux accroupissements, pose ridicule, et qui ne passe pas inaperçue, "l'arracheur" se décourage et abandonne. Il existe d'autres moyens de préserver l'intégrité physique de vos autocollants. Troisième Voie collait des lames de rasoirs derrière les précieuses affichettes. Résultat garanti. Mais c'est illé gal. Nous comptons donc sur vous pour surtout ne pas le faire...

2ème hypothèse : vous formez déjà un petit groupe militant. Vous êtes plus de cinq. Vous pouvez faire comme dit ci-dessus mais, en outre, vous pouvez mener des actions "visibles". Tractage de lycée, de Macdo... Vous pouvez aussi choisir un quartier et le déclarer "zone nationaliste". Pour ce faire, vous avertissez par bombage que tel quartier est dorénavant "zone nationaliste". Dans ce périmètre, aucune affiche et autre, gauchiste, concert rap etc ne doit tenir plus d'une demie-journée. En revanche, votre propagande doit, elle, s'étaler sur les murs en toute impudeur. Of course, il est vivement recommandé de ne se lancer que si l'on se sent assez fort. Afin de ne pas sombrer dans le ridicule, la "zone" doit quand même comporter plusieurs rues... En général, on choisit le quartier où se trouve le "bar faf" de service...

Bien sûr, il ne s'agit là que de suggestions. Bien d'autres choses sont possibles. Encore faut-il agir ! Il faut vous fixer des objectifs à court terme et les atteindre. Soyez de vrais militants NR [ou autres bien évidemment]. Laissez les comptoirs de bistrot aux autres, les histoires de "baston" aux bavards. Agissez ! Descendez sur le terrain ! Nos idées n'existent pas si elles ne sont pas "visibles" par nos compatriotes.



DONNEZ LA PAROLE AUX MURS !


Il existe un moyen peu onéreux et assez spectaculaire de signaler une présence nationaliste : le bombage. Interdit lorsqu'il s'agit de bombe de peinture, il reste possible si l'on utilise du blanc d'Espagne. C'est donc dans ce cadre légal qu'il faut bien sûr lire les lignes qui suivent.

Pour qu'un bombage soit efficace, il faut obéir à quelques règles précises.

D'abord, il faut choisir le lieu avec soin. Un pont d'autoroute, un mur le long d'une voie ferrée, d'une ligne de bus ou de tram conduisant à une faculté, l'entrée d'une bibliothèque universitaire, bref, il faut cibler les points par lesquels transitent chaque jour des milliers de personnes. Inutile donc de couvrir d'inscriptions une ruelle de votre village. Il faut également ne pas décrédibiliser notre cause : laissons les murs des wc de facultés ou de gare aux homorastes... Ensuite, il convient de choisir avec soin le slogan. On peut les diviser en deux catégories : les bons et les mauvais. Les mauvais, c'est simple, c'est tout ce qui n'est pas politique (appel au meurtre, private joke, nostalgie...). Les bons, c'est tout ce qui est politique ou bien signale notre présence (croix celtique avec nom du mouvement). Un bombage ne se fait pas à dix. Il convient d'être discret.

Un guetteur suffit. De même, inutile d'attirer l'attention en revêtant une panoplie de faf. Les bonnes heures pour le bombage sont plutôt celles de l'aube durant laquelle la surveillance policière est plus réduite. Si vous êtes particulièrement maladroit ou bien si vous avez quelques qualités artistiques, vous pouvez utiliser des pochoirs. Le résultat sera plus soigné mais forcément moins spectaculaire. Pour conclure, dans ce type d'action comme pour les autres, il est nécessaire d'entretenir le terrain. Un bombage annuel ne sert à rien. Une dizaine d'inscriptions à des endroits stratégiques convenablement entretenus voila l'objectif minimal pour un groupe nationaliste.

Et comme le disait le défunt président Mao : que cent mille croix celtiques fleurissent ce printemps sur les murs de France !



Les us et coutumes de l’activiste



Pour le Larousse, l’activiste est le “membre actif d’un gouvernement, d’un parti”. Pour l’opinion, ce terme implique un caractère plus sulfureux, l’activiste étant un militant à la lisière de la légalité, artisan de la violence politique et victime de la répression policière. Pour lui, l’action est un indispensable complément aux principes théoriques.

Les activistes ayant un peu d’humour aiment tout particulièrement la bande dessinée de Peyo intitulée “Le Schtroumpfissime”. Contre ce personnage despotique, des comploteurs de réunissent dans le plus grand secret, à la nuit tombée. Ils ont le visage protégé par un loup, sont drapés de vastes capes et échangent des mots de passe. Ce clin d’oeil aux petits trolls bleus ne doit pourtant pas exclusivement ranger les activistes dans la catégorie des conspirateurs et autres adeptes des sociétés secrètes.

La plupart d’entre eux militent au grand jour dans des organisations reconnues même si elles sont souvent groupusculaires. L’activiste est avant tout un soldat politique, et le qualificatif de révolutionnaire ne lui fait pas peur, sauf bien sûr s’il est monarchiste. Une chose est certaine, il n’est pas un démocrate républicain convaincu, à moins qu’il ait choisi de tout mettre en oeuvre pour sauver la démocratie en péril. Les militants du SAC ont été des activistes gaullistes. Il y a des activistes communistes, des activistes gauchistes, sionistes, fascistes, royalistes, mais il n’y a pas d’activistes centristes !

L’activistes type est un Janus de la politique; il se révèle polyvalent. Il doit être capable d’animer un dîner-débat très mondain, en blazer-cravate, tout en parlant un langage soigné. Il doit aussi pouvoir se transformer en homme de terrain redoutable, si les circonstances l’exigent. En blouson de cuir, le nez recouvert d’un foulard, il “argumentera” à grands coups de barre de fer.

Les “modérés”, pour leur part, ne considèrent pas la question différemment, ils laissent simplement les basses besognes à des hommes de main. Ils font de la sous-traitance d’activistes, en quelque sorte. Parfois, les hommes publics ont aussi leurs troupes à disposition. A l’ïle de la Réunion, par exemple, on ne peut envisager sérieusement de participer à une campagne électorale si l’on n’aligne pas un contingent correct de “nervis”.

Pour pallier les manques d’effectifs militants, rien de tel que de recourir aux services d’activistes jeunes et désargentés, par exemple d’extrême droite. L’ancien président Giscard d’Estaing, pour citer un cas illustre, n’a pas eu à se plaindre des services des nationalistes qui firent son service d’ordre durant les campagnes présidentielles de 1974 et 1981. Eux non plus d’ailleurs: “Rien de plus marrant que de claquer un étudiant du CELF, les étudiants giscardiens, lorsque tu fais la sécurité de leur idole !” confie un ancien solidariste.

L’habit fait le moine-soldat…

Dans les “guides du militant” que diffusent les organisations d’activistes, on recommande toujours la discrétion, gage de longévité pour celui qui infiltre, et la “neutralité vestimentaire”. D’où l’image de la taupe chez les fils de la Quatrième Internationale. C’est souvent peine perdue; les activistes, et surtout les plus jeunes, cultivent le “look”. Chez les nationalistes, la silhouette un tantinet provocatrice a toujours été un must. Après trois dents cassées et un oeil violet, on révise parfois ses positions.

Les années 70 ont été marquées par le règne de “l’imper vert”, américain pour le plus grand malheur des puristes, et du “flight jacket” de même origine. Ce blouson de pilote n’est pas passé de mode, les plus cocardiers lui préfèrent cependant la version bleu marine réglementaire dans l’aviation et l’aéronavale françaises. La grande heure de gloire des lunettes de soleil Ray Ban n’est plus non plus ce qu’elle était. Le poil est parfois ras chez les “fachos”, et les skins équilibrent ceux qui ont une tignasse relativement fournie. La mode étant depuis quelques années aux cheveux courts, avoir la nuque aéerée ne veut plus dire de nos jours que l’on s’expose à la vindicte populaire.

Le foulard, toujours utile pour dissimuler son faciès ou se protéger des photographes et des gaz lacrymogènes, est plutôt recommandé. Les militaristes choisiront un filet camouflé type “baraccuda”, les plus minets un pan de soie à motifs cachemire et les partisans de “l’Intifada” un keffieh palestinien. Le “bandana” de cow-boy est vraiment trop mal porté pour garder de nombreux adeptes. Les gants, qui protègent les phalanges fragiles et gomment les empreintes malvenues, sont utiles, ils “virilisent” leur porteur et embellissent un salut romain face au soleil.

Il y a quelques années, un gadget de motard était fort prisé: la “triplex”. Cette chaîne de moto chrome transformée en ceinturon pouvait très vite devenir une redoutable “arme par destination”, comme disent les rapports de police. Passons rapidement sur les insignes de boutonnière, indispensables et donnant lieu à de éroces concurrences dans l’originalité.

Une mention particulière s’impose pour les souliers. Une citation, popularisée par l’ouvrage de Grégory Pons, Les rats noirs, est restée dans les mémoires. Véronique Simon, ancienne responsable de l’UNEF à Assas, résumait ainsi la question: “Je reconnais les fascistes à leurs chaussures, elles sont grosses, elles annoncent la violence”.

Les gauchistes, indentifiables dans les années 70, n’ont plus trop de “look” aujourd’hui, et leurs chevelures fournies ont disparu. Bien souvent, ils ressemblent à leurs adversaires ou sont insignifiants, ce qui n’est guère commode durant les pugilats. Selon le type d’action envisagée, les activistes ne prendront pas le même “matos”, formule argotique qui désigne le “matériel”, vaste boîte à malice allant du fumigène au manche de pioche. Une “action, c’est un petit coup de main, mené avec célérité et efficacité. Cela va de l’attaque de colleurs d’affiches à la mise à sac d’une permanence électorale. Parfois, c’est aussi un règlement de compte entre organisations concurrentes. Mais l’époque de la violence politique à grande échelle n’est plus au goût du jour. Et seuls les “vieux” de trente ans parlent encore avec amusement de l’époque où l’on disait: “Tel groupe, combien de barres?”, pour déterminer le nombre d’activistes armés pouvant être rassemblés.

Avant une “action”, lorsque les chefs ont réparti les rôles et les équipes (petit schéma militaire, par exemple, calqué sur l’organisation d’une section: trois équipes: une de voltige, une d,appui, une de commandement), on distribue le matoss “autorisé”; personne n’a droit à son “petit plus” personnel, la sécurité du groupe étant dans la balance en cas de contrôle. L’activiste a sur lui le minimum: pas de carnet d’adresses, quelques tickets de métro, un peu d’argent au cas où… Il a fait le “ménage” chez lui en cas de perquisition et ôté tout signe distinctif. Avant le départ, il saute en l’air pour vérifier que rien tombre de ses poches: papiers, clés, etc. La destination finale, connue uniquement par les chefs, est déjà sous le contrôle des “choufs”, les activistes dépêchés sur place pour surveiller le futur “théâtre d’opération” ou l’état des forces adverses.

Durant une action, l’usage des noms propres est proscrit, on a recours à des surnoms connus exclusivement par les intéressés. L’activiste digne de ce nom a au moins un surnom ! La crainte principale est d’avoir la police au rendez-vous, et la paranoïa des “condés” est soigneusement entretenue par les peureux et les irresponsables. Dans tous les cas de figure, l’activiste révise mentalement les consignes essentielles: “Un flic de droite ou de gauche reste un flic” et “Obéir sans broncher à son chef”.

Par Arnaud Lutin pour Le Choc du Mois - Numéro 15 - Février 1989.